Aller au contenu principal

Quitter son prestataire web sans perdre son site : code, accès, nom de domaine

L’agence ne répond plus, le freelance s’épuise, et personne ne sait où sont les codes. Ce qu’il faut récupérer avant de partir, dans quel ordre, et comment on reprend un site passé par plusieurs prestataires.

La réponse en bref

Pour quitter son prestataire web sans perdre son site, récupérez tout avant de résilier : le nom de domaine et son code de transfert, le compte propriétaire de la plateforme (Shopify, hébergement), le code source avec une cession de droits écrite, les comptes Google, les réglages e-mail et l’export de vos données clients. Le nouveau prestataire reprend ensuite le site en l’état, puis décide avec vous ce qu’il garde.

Pourquoi tant de marques se retrouvent coincées chez leur prestataire ?

C’est la douleur qui revient le plus souvent dans nos appels découverte : une douzaine des 38 marques et entreprises qui nous ont contactés en un an la décrivent, sous une forme ou une autre. Une responsable e-commerce nous explique que son équipe n’a pas accès au dépôt de code de l’agence, et que la boutique contient des blocs que personne en interne ne sait utiliser. Une architecte d’intérieur refuse de payer à chaque fois qu’elle veut changer une photo. L’associé d’un cabinet d’avocats pose la question sans détour : que se passe-t-il si l’ancienne agence ne nous donne pas le code ?

Le départ, lui, arrive rarement à froid. Un développeur répond de moins en moins et laisse un parcours d’achat inachevé. Un freelance de maintenance double son temps sans régler le problème. Un prestataire envoie un premier devis, puis plus rien. À ce moment-là, la marque découvre qu’elle ne sait pas où est enregistré son nom de domaine, ni qui détient les identifiants de sa boutique.

Rien de tout ça n’est grave si on procède dans l’ordre. Ce guide décrit ce qu’il faut récupérer, comment le vérifier soi-même, et la façon dont on reprend un site passé entre plusieurs mains. Si vous cherchez plutôt à savoir si votre agence actuelle vous bloque, le test en cinq questions est dans ce guide sur les agences traditionnelles.

À qui appartient le code de votre site quand une agence l’a écrit ?

Pas forcément à vous. En droit français, un logiciel est une œuvre protégée par le droit d’auteur au même titre qu’un livre (article L112-2 du Code de la propriété intellectuelle), et le code d’un site en fait partie. La cession de ces droits doit être écrite et détaillée : chaque droit cédé est mentionné, avec son étendue, sa destination, le lieu et la durée (article L131-3). Une facture réglée ne suffit pas : sans clause de cession, le prestataire reste titulaire des droits sur ce qu’il a créé, et vous n’avez en pratique qu’un droit d’utiliser le site, comme le rappelle ce guide juridique de Captain Contrat.

Première chose à faire, donc : relire le devis signé, le contrat et les conditions générales du prestataire. Cherchez les mots « cession », « propriété intellectuelle », « code source » et « réversibilité ». Si la clause existe, elle vous donne une base pour exiger la remise du code. Si elle n’existe pas, la discussion devient une négociation, et mieux vaut l’ouvrir avant de résilier, tant que la relation est encore cordiale.

Sur Shopify, la situation est plus simple qu’ailleurs dès lors que le compte de la boutique est à votre nom : le thème vit dans votre boutique, et le propriétaire peut le dupliquer ou en télécharger une copie depuis l’admin. Cette copie ne contient ni les produits, ni les pages, ni les images, qui restent dans la boutique et s’exportent séparément. Sur un site codé et hébergé par l’agence, en revanche, sans accès au serveur ni au dépôt de code, vous dépendez de sa bonne volonté.

Que faut-il récupérer avant de résilier, et dans quel ordre ?

La règle qu’on applique à chaque reprise : on ne résilie rien avant d’avoir récupéré et testé tous les accès. Une fois le contrat rompu, chaque demande devient plus lente et plus tendue. Le tableau ci-dessous suit l’ordre dans lequel on fait l’inventaire avec nos clients, du plus bloquant au moins bloquant.

Faites la demande par écrit, en une seule fois, avec la liste complète et une date de réponse. Un e-mail daté vaut mieux qu’un appel : il trace ce qui a été demandé et ce qui a été remis.

ÉlémentComment le vérifier vous-mêmeCe qu’il faut obtenir
Nom de domaineUn annuaire WHOIS indique le bureau d’enregistrement et, souvent, le titulaireLe domaine à votre nom et un accès au compte du bureau d’enregistrement, ou le code de transfert
Zone DNS et e-mailsChez qui pointent les serveurs de noms ; où arrivent vos e-mailsUne copie de tous les enregistrements, y compris ceux des e-mails, avant tout changement
Plateforme ou hébergementSur Shopify : Paramètres, puis Utilisateurs ; qui est propriétaire de la boutique ?Le rôle de propriétaire à votre nom, ou les identifiants de l’hébergement
Code sourceExiste-t-il un dépôt de code (GitHub ou autre) ? Qui y a accès ?Une copie complète du code et la cession des droits par écrit
Comptes GoogleSearch Console, Analytics, Merchant Center, Tag Manager : sur quelle adresse ?Un accès administrateur sur une adresse de votre entreprise
Applications et abonnementsQui paie chaque application, chaque outil, chaque licence de police ?La liste, avec le payeur et l’usage de chacun
Formulaires et notificationsOù arrivent les demandes de contact et les alertes de commande ?Des adresses de réception à vous, testées
Données clientsFichiers clients, commandes, inscrits à la newsletterUn export complet, puis la suppression des copies chez l’ancien prestataire

Comment récupérer son nom de domaine quand il est au nom de l’agence ?

Le nom de domaine est la pièce la plus importante : c’est lui qui fait arriver vos clients sur votre site et vos e-mails dans votre boîte. Commencez par vérifier qui en est le titulaire, dans un annuaire WHOIS ou auprès de l’Afnic pour un .fr. S’il est enregistré au nom de l’agence, c’est elle qui doit valider le changement : la demande de transmission d’un .fr passe par le bureau d’enregistrement et nécessite l’accord du titulaire actuel, selon l’Afnic. Pour les cas où cette procédure standard ne peut pas s’appliquer, l’Afnic prévoit un formulaire dédié, la Demande d’opération Afnic, décrit notamment dans la documentation d’OVHcloud.

Si le domaine est déjà à votre nom mais géré depuis le compte de l’agence, il suffit de le transférer vers un bureau d’enregistrement où vous avez votre propre compte. Il faut pour cela le code de transfert (appelé AuthInfo ou code d’autorisation). Pour un .com, la politique de transfert de l’ICANN oblige le bureau d’enregistrement à fournir ce code et à lever le verrou de transfert sous cinq jours calendaires après la demande du titulaire. La même politique autorise un refus de transfert dans les 60 jours qui suivent la création du domaine ou un précédent transfert, et l’ICANN rappelle qu’un changement de titulaire peut aussi bloquer le transfert pendant 60 jours.

Le piège à éviter : changer les serveurs de noms sans recopier la zone DNS. Vos e-mails, la validation de vos outils et parfois votre boutique dépendent d’enregistrements que l’agence a créés. Faites une copie de chaque enregistrement avant de toucher à quoi que ce soit, et recréez-les à l’identique chez le nouveau bureau d’enregistrement.

Votre boutique est sur Shopify : qui en est vraiment propriétaire ?

Une boutique Shopify n’a qu’un seul propriétaire à la fois, et seul ce propriétaire peut transférer la propriété. Quand une agence crée la boutique depuis son espace partenaire, Shopify prévoit qu’elle transfère la propriété au client au moment de la mise en ligne. Dans la plupart des cas, c’est fait. Parfois non : le compte est resté sur l’adresse e-mail d’un salarié de l’agence, ou d’un freelance parti depuis.

Pour vérifier, ouvrez l’admin, puis Paramètres, puis Utilisateurs. Le propriétaire de la boutique y est indiqué. Si c’est vous, l’essentiel est réglé : vous pouvez retirer les accès des anciens collaborateurs, dupliquer le thème et exporter produits, clients et commandes. Si ce n’est pas vous, demandez le transfert avant toute autre chose.

Ensuite vient le ménage. Chez une marque de mode passée par deux prestataires, l’équipe n’avait pas accès au dépôt de code de l’agence et ne savait pas se servir de plusieurs blocs du thème. C’est typiquement là qu’on commence par une copie complète, puis par une lecture section par section : ce qui est utilisé, ce qui ne l’est plus, quelle application fait quoi et qui la paie. Les applications installées et oubliées sont fréquentes, et chacune ajoute un abonnement et du poids aux pages. Le détail de ce qu’on code directement dans le thème est dans ce guide sur Shopify sans applications payantes.

Que faire des comptes Google, des e-mails et des fichiers clients ?

Dans Search Console, ajoutez-vous comme propriétaire avec une adresse de votre entreprise, puis retirez l’ancien prestataire. Google précise qu’il faut aussi supprimer ses jetons de validation (fichier, balise ou enregistrement DNS) : sans ça, le propriétaire retiré peut revalider la propriété. Faites de même dans Analytics, Merchant Center et Tag Manager.

Pour les formulaires, vérifiez où arrivent réellement les demandes de contact. Un cabinet d’avocats nous a raconté avoir découvert des demandes envoyées depuis son site quatre à six mois après, parce que personne ne les traitait. Envoyez-vous un message test depuis chaque formulaire du site.

Pour les fichiers clients, vous êtes responsable du traitement de vos fichiers clients ; l’agence qui les héberge ou les manipule agit pour votre compte. Le RGPD prévoit qu’au terme de la prestation, ce sous-traitant supprime toutes les données personnelles ou vous les renvoie, à votre choix (article 28, paragraphe 3, point g, texte publié par la CNIL ; version officielle sur EUR-Lex). Demandez l’export complet, puis la confirmation écrite que les copies ont été supprimées.

Comment on reprend un site passé entre plusieurs prestataires

On reprend régulièrement des boutiques et des sites touchés par une, deux ou trois équipes avant nous. La méthode est toujours la même, et elle commence avant d’écrire la moindre ligne de code.

  • L’inventaire des accès, dans un document qui appartient au client : domaine, DNS, plateforme, code, comptes Google, applications, formulaires. Chaque ligne indique qui détient quoi, à quel nom, et ce qui manque.
  • Une copie complète avant de toucher à quoi que ce soit : thème dupliqué, exports des produits, des clients et des commandes, sauvegarde des contenus. Si quelque chose casse, on revient en arrière.
  • La liste des pages qui comptent, tirée de Search Console : celles qui reçoivent du trafic et des liens. Ce sont elles qu’on protège en premier, avec une redirection pour toute adresse qui change.
  • La lecture du code, section par section : ce qui sert, ce qui est mort, ce qui ralentit. On note ce qu’on garde et ce qu’on recode, et on le montre au client avant de décider.
  • La bascule, puis seulement la résiliation : l’ancien prestataire est remercié une fois que tout a été testé chez le nouveau, e-mails et formulaires compris.

Est-ce qu’on perd son référencement en changeant de prestataire ?

Changer de prestataire ne fait rien perdre à lui seul : Google ne sait pas qui a écrit votre code. Le référencement souffre quand le changement s’accompagne d’adresses de pages modifiées sans redirection, de pages supprimées, ou d’un domaine qui ne répond plus pendant quelques jours. Une marque de café qui nous a contactés pour refaire son site craignait justement de perdre tout son référencement dans l’opération.

Si vous gardez le même site et le même domaine, et que seul l’interlocuteur change, le risque est faible. Si la reprise s’accompagne d’une refonte ou d’un changement de plateforme, la méthode est la même que pour une migration : liste des adresses qui reçoivent du trafic, redirections une par une, surveillance de Search Console pendant plusieurs semaines. Le protocole complet est dans ce guide pour migrer vers Shopify sans perdre son référencement.

Comment éviter de revivre ça avec le prochain prestataire ?

Tout se règle avant de signer, quand vous avez encore la main. Demandez que ces points figurent noir sur blanc dans le devis ou le contrat, et méfiez-vous d’un prestataire qui hésite à les écrire. Les autres questions à poser avant de signer sont dans ce comparatif entre agence et freelance.

  • Le nom de domaine, le compte de la plateforme et l’hébergement sont créés à votre nom, avec votre adresse e-mail, dès le premier jour.
  • La cession des droits sur le code et les créations est écrite, avec son étendue et sa durée.
  • Le prestataire travaille avec un accès collaborateur ou nominatif, jamais avec vos identifiants personnels.
  • Les comptes Google sont créés sur une adresse de votre entreprise, le prestataire y est invité.
  • La liste de ce qui vous sera remis en fin de contrat est prévue dès le départ.

Par où commencer si vous êtes dans cette situation aujourd’hui ?

Prenez une heure pour remplir le tableau plus haut avec ce que vous savez déjà. Les lignes vides vous disent quoi demander, et à qui. Ensuite, envoyez la demande écrite à votre prestataire actuel, avant d’annoncer votre départ si la relation est tendue.

Si vous voulez qu’on fasse cet inventaire avec vous, c’est la première chose qu’on regarde en appel découverte : où sont vos accès, ce qui tient, ce qui bloque, et s’il vaut mieux reprendre le site tel quel ou le refaire. Pour une boutique, la reprise se fait dans le cadre de notre offre e-commerce ; pour en parler, réservez un appel.

Questions fréquentes

Que faire si l’ancienne agence ne répond plus du tout ?
Si l’ancienne agence ne répond plus, commencez par ce qui ne dépend pas d’elle. Vérifiez dans un annuaire WHOIS qui est titulaire du nom de domaine : s’il est à votre nom, vous pouvez demander le code de transfert directement au bureau d’enregistrement, qui doit le fournir sous cinq jours calendaires pour un .com selon la politique de l’ICANN. Sur Shopify, regardez qui est propriétaire de la boutique dans Paramètres, puis Utilisateurs : si c’est vous, retirez les accès de l’agence et dupliquez le thème. Ensuite, envoyez une demande écrite et datée qui liste tout ce que vous attendez (code, accès, exports de données) avec un délai de réponse. Ce courrier sert de trace si la situation se durcit. Si le domaine est au nom de l’agence et qu’elle reste muette, l’Afnic prévoit une procédure dédiée pour les .fr, et un avocat peut vous conseiller sur la suite à donner.
Mon site continue-t-il de fonctionner pendant le changement de prestataire ?
Oui, si les étapes sont faites dans le bon ordre. Le site reste en ligne tant que le nom de domaine pointe vers le même hébergement ou la même boutique, quel que soit le prestataire qui y travaille. Les coupures viennent presque toujours de deux erreurs : résilier l’hébergement de l’agence avant que le site ait été déplacé, ou changer les serveurs de noms du domaine sans recopier tous les enregistrements DNS, ce qui coupe les e-mails et parfois le site lui-même. Sur Shopify, la question se pose moins : la boutique est hébergée par Shopify, et changer d’agence revient à changer les personnes qui ont accès à l’admin. Gardez l’ancien prestataire sous contrat jusqu’à ce que tout ait été testé chez le nouveau : envoi d’un e-mail, commande test, formulaire de contact. C’est seulement ensuite qu’on résilie.
Un nouveau prestataire peut-il reprendre un site sans le code source ?
Un nouveau prestataire peut reprendre un site sans le code source seulement dans certains cas. Sur Shopify, si vous êtes propriétaire de la boutique, le code du thème est déjà chez vous : il se duplique ou se télécharge depuis l’admin, et le nouveau prestataire travaille dessus directement. Sur WordPress ou Webflow, l’accès administrateur permet en général de récupérer les contenus et une partie de la structure. Sur un site entièrement codé et hébergé par l’agence, sans accès au serveur, il ne reste que ce qui est visible en ligne : textes, images, adresses des pages. On peut alors reconstruire un site équivalent sur une base qui vous appartient, en reprenant les contenus et en redirigeant chaque ancienne adresse. C’est plus long qu’une reprise, mais c’est souvent l’occasion de repartir avec un site que votre équipe sait modifier seule.
Est-ce que l’agence peut garder une copie de mes données clients ?
Non, pas au-delà de ce que la loi impose de conserver. Quand une agence héberge ou manipule vos fichiers clients pour votre compte, elle agit comme sous-traitant au sens du RGPD, et vous restez responsable du traitement. L’article 28 du règlement prévoit qu’au terme de la prestation, le sous-traitant supprime toutes les données à caractère personnel ou les renvoie au responsable du traitement, selon le choix de ce dernier. En pratique, demandez d’abord un export complet de vos clients, commandes et inscrits à la newsletter, vérifiez qu’il est lisible, puis demandez par écrit la confirmation que les copies détenues par l’agence ont été supprimées. Pensez aussi aux outils tiers branchés par l’agence (e-mailing, avis clients, formulaires) : chacun peut contenir une partie de votre fichier, et l’accès doit vous revenir avant la fin du contrat.
Combien de temps faut-il pour récupérer tous ses accès ?
Quand le prestataire coopère et que les comptes sont à votre nom, l’essentiel se récupère en quelques jours : le transfert de propriété d’une boutique Shopify ou l’ajout d’un administrateur sur les comptes Google se fait en quelques minutes, et pour un .com, le bureau d’enregistrement a cinq jours calendaires pour fournir le code de transfert selon l’ICANN. Les délais s’allongent dans trois cas : un domaine enregistré au nom de l’agence, qui doit valider elle-même le changement ; un domaine créé, transféré ou changé de titulaire il y a moins de 60 jours, période pendant laquelle un transfert peut être refusé ; et un site codé et hébergé chez l’agence sans clause de cession, où la remise du code se négocie. D’où l’intérêt de faire l’inventaire et la demande écrite avant d’annoncer la fin du contrat.
Portrait de Simon de Carlan

Publié le 12.10.2026

Fondateur de Sonho Agency, à Paris depuis 2023. Il conçoit et code les boutiques Shopify et les sites vitrines de l’agence, et travaille leur référencement sur Google et dans les moteurs IA.

Sonho

Parlons de votre projet lors d’un premier appel.

Pendant cet appel, nous vous donnons une fourchette de prix, un délai indicatif et notre avis sur la faisabilité. Si le projet sort de notre champ, nous vous orientons vers un confrère.

Nous avons livré plus de vingt projets, tous dans les délais.

GrilléBleu Mon JulesYade Paris
+20 marques nous font confiance